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L'affaire KERRIGAN-HARDING


Cette histoire n'est extraordinaire que par sa laideur... Qui aurait cru que, dans le monde aseptisé et politiquement correct (nous sommes dans les années 90) du patine, une femme - oui en plus, une femme, commanditerait une agression sur une de ses coéquipières, tel l'ultra-supporter du PSG surchauffé au fanatisme et à la bière tiède ? L'affaire va défrayer la chronique pendant plusieurs années et ce sera, avec la polémique des Jeux de Salt Lake City, l'un des plus grands scandales du patinage.

 

"Trailer trash". L'expression qualifie un Américain (blanc) à faibles revenus qui vit dans un parc pour mobile-homes. Elle est, bien sûr, éminemment péjorative. Elle va servir d'appellation non contrôlée à Tonya Harding toute sa vie. Le patinage aux Etats Unis, comme à peu près partout ailleurs, est généralement réservé à des enfants de familles plutôt aisées. La famille Harding, plusieurs fois recomposée (Maman Harding se marie sept fois), n'est pas de celles-là. LaVona Harding est serveuse dans des bars qui n'ont rien de chic. Son mari du moment, Al, est plus souvent au chômage qu'au travail à cause de problèmes de santé. Tonya est leur seule enfant, mais elle a plusieurs demi-frères aînés nés de mariages précédents. LaVona et Al ont du mal à payer leur loyer et sont régulièrement expulsés de leur logement. Ils ne restent jamais au même endroit plus de quelques mois. Tonya va ainsi être ballotée de "trailers parks" et HLM version US, dans la région de Portland, Oregon,  pendant toute son enfance et son adolescence. Si Al est un père aimant qui lui enseigne la mécanique, le bricolage et la chasse (elle aura son premier fusil à 5 ans...), LaVona est une mère abusive, voire violente. Très tôt, Tonya apprend à encaisser. Elle ne pleure pas, ne se plaint jamais.

 

Elle a trois ans quand elle découvre les joies de la glace, sur la patinoire d'un centre commercial de sa région.