Laurence Fournier Beaudry et Guillaume Cizeron sont champions du monde

© Alice Alvarez / Laurence Fournier-Beaudry et Guillaume Cizeron
© Alice Alvarez / Laurence Fournier-Beaudry et Guillaume Cizeron
 

Laurence Fournier Beaudry et Guillaume Cizeron assument pleinement leur statut et remportent les championnats du monde. Champions olympiques en titre, ils sont les seuls sacrés de Milan à avoir prolongé leur saison jusqu’à Prague, notamment parce que Laurence n’avait encore jamais été championne du monde. Avec le forfait de Madison Chock et Evan Bates, vice-champions olympiques et principaux rivaux à Milan, la pression est redescendue d’un cran. Favoris incontestés, ils remportent leur premier titre mondial ensemble. Pour Guillaume, il s’agit d’un sixième sacre, après les cinq obtenus avec Gabriella Papadakis. Leur parcours à Prague est sans accro. Un 4 (sur 10) en note de présentation attribué par un juge lituanien lors de la danse rythmique prête à sourire tant il semble isolé. Une erreur sans aucun doute. Les 10, en revanche, sont très nombreux tout au long de la compétition.

 

Laurence et Guillaume : “Nous sommes arrivés en fin de saison, au moment où les programmes sont les plus aboutis et les plus maîtrisés. Cela nous a permis d’en profiter pleinement, même s’il y avait aussi une pointe de nostalgie. Nous sommes également satisfaits de battre nos records. Nous avons senti que c'étaient nos meilleures performances de la saison. Nous n’avions pas d’objectif de points, mais plutôt l’envie d’offrir un beau spectacle au public. Les gens connaissaient déjà les programmes et nous voyons qu’ils étaient heureux de les revoir une dernière fois. Le fait d’arriver en tant que champions olympiques a aussi créé une atmosphère particulière, avec beaucoup de spectateurs qui les avaient vus à la télévision et voulaient les découvrir en direct. Il y a toujours de la pression, parce que nous voulons bien performer et que rien n’est jamais acquis. Mais nous avions eu de très bons entraînements depuis les Jeux olympiques. Il y a aussi ce sentiment de ne plus rien avoir à prouver, qui amène un certain relâchement.

Notre danse libre apporte une atmosphère différente, un peu moins énergique que la danse rythmique mais plus profonde. C’est une danse libre qui nous touche particulièrement. Ce n’est pas toujours le cas, car il peut y avoir des passages dans des programmes que l’on apprécie moins, mais dans ce programme, du début à la fin, tout est agréable à interpréter. C’est un programme qui va rester toute ma vie gravé dans mon cœur (Laurence).

Nous sommes toujours très complices et nous nous connaissons encore mieux. La preuve, c’est que nous partons en vacances ensemble la semaine prochaine !”

 

© Alice Alvarez / Laurence Fournier-Beaudry et Guillaume Cizeron
© Alice Alvarez / Laurence Fournier-Beaudry et Guillaume Cizeron

 

Piper Gilles et Paul Poirier font le choix d’un défi audacieux. Médaillés de bronze olympiques et visiblement libérés après Milan, leur présence à Prague pouvait surprendre. Ils décident de changer de danse libre, expliquant que leur programme sur Vincent van Gogh avait atteint son apogée aux Jeux olympiques. Ils reprennent alors leur ancienne danse libre sur Les Hauts de Hurlevent. Un pari risqué, partiellement réussi : seulement troisièmes de la danse libre, ils s’appuient sur leur deuxième place en danse rythmique pour décrocher l’argent.

 

Piper et Paul : “Il y avait moins de pression après les Jeux olympiques, et nous avons donc vraiment pu profiter du moment présent. Je pense que nous étions tellement satisfaits de notre performance aux Jeux olympiques que nous ne voulions pas essayer de la reproduire. C'était donc agréable après les Jeux de se donner un défi. C'est dans ces conditions que nous nous épanouissons. Cela a rendu l'entraînement beaucoup plus facile. Nous nous sommes dit que c'était une excellente opportunité de partager une autre œuvre avec nos fans cette saison. Mais c’est vrai que c’est un peu étrange de finir la saison avec une danse libre que nous n’avons pas patinée de l’année.”

 

© Alice Alvarez / Piper Gilles et Paul Poirier
© Alice Alvarez / Piper Gilles et Paul Poirier

 

Les Américains Emilea Zingas et Vadym Kolesnik confirment leur ascension fulgurante. Non sélectionnés l’an dernier, ils disputent ici leurs premiers championnats du monde et montent directement sur le podium, à la troisième place. Une performance marquante qui bouscule la hiérarchie et les voit dépasser les Britanniques Lilah Fear et Lewis Gibson, à la surprise générale.

 

Emilea et Vadym : “Je tremble encore. C'est un miracle ! Nous n'arrivons pas à croire que cela arrive. C'est comme un rêve devenu réalité. Nous n'arrivons pas à nous calmer. Maddie (Madison Chock) et Evan (Bates) nous ont ouvert la voie. Ils ont tracé le chemin. Ils ont montré ce qu'est la danse sur glace américaine et maintenant, c'est à notre tour de prendre le relais et de la porter haut.”

 

© Alice Alvarez / Emilea Zingas et Vadym Kolesnik
© Alice Alvarez / Emilea Zingas et Vadym Kolesnik

 

Lilah Fear et Lewis Gibson quittent donc Prague sans médaille. Après une septième place aux Jeux olympiques alors qu’ils visaient le podium, ces Mondiaux devaient être ceux de la revanche. Leur principal point faible ces derniers mois, les twizzles, posait question après des erreurs répétées aux championnats d’Europe et aux Jeux olympiques. À Prague, l’élément passe sans erreur majeure, même si la qualité reste en deçà des meilleurs. Mais c’est un porté déclaré illégal qui leur coûte cher, avec deux points de déduction, et les écarte du podium.

 

Lilah et Lewis avaient partagé quelques mots après la danse rythmique : “Nous sommes sincèrement très fiers de notre performance et heureux de ce que nous avons pu montrer. Nous avons travaillé très dur pour faire de notre mieux et je pense que nous avons réussi notre programme. Pour nous, il s'agissait de faire ce dont nous sommes capables, car ce n'était pas le cas à Milan et nous avons repoussé nos limites après notre retour des Jeux olympiques. J’ai (Lilah) beaucoup pleuré après les JO, c’était une étape importante pour accepter ce qui s’était passé.”

Ils n’ont pas souhaité s’exprimer après la danse libre.

 

Interrogés sur leur moment préféré de la danse libre, plusieurs couples évoquent la séquence chorégraphique pour l’énergie et la connexion avec le public. Guillaume Cizeron souligne pour sa part, avec un sourire, le soulagement ressenti à la fin de la séquence de twizzles. Questionnés sur les programmes de leurs concurrents, Lewis Gibson confie apprécier particulièrement la musique de la danse rythmique de Piper Gilles et Paul Poirier, sur l’univers de Drag Race, tandis que Laurence Fournier Beaudry évoque avec enthousiasme leur ancienne danse libre sur Vincent van Gogh.

 

Les Espagnols Olivia Smart et Tim Dieck prennent la cinquième place. Comme souvent, ils s’appuient sur une danse libre très réussie pour remonter au classement, passant de la sixième place en danse rythmique à la deuxième du libre. Leur programme sur Dune, chorégraphié par Romain Haguenauer, séduit à nouveau. Pour l'anecdote, Romain n’a pas vu le film ! Après une première danse libre inspirée de Dune, puis une seconde sur Dune 2, la question se pose déjà pour la suite, alors que Dune 3 sortira en salles en 2026. Olivia n’a d’ailleurs pas caché son intérêt pour cette nouvelle bande originale. Reste à savoir si la thématique ne risque pas de s’essouffler.

 

© Alice Alvarez / Evgeniia Lopareva et Geoffrey Brissaud
© Alice Alvarez / Evgeniia Lopareva et Geoffrey Brissaud

 

Evgeniia Lopareva et Geoffrey Brissaud, deuxième couple français engagé, prennent la sixième place après deux programmes très solides, confirmant leur régularité au plus haut niveau international.

 

Evgeniia et Geoffrey : “Ce qui nous a le plus touchés, c’est que tout le monde a souligné l’énergie présente dans la danse rythmique et cela s’est d’ailleurs ressenti dans les composantes. Nous étions pourtant très stressés, en passant derniers du dernier groupe. Il y avait forcément de la pression, mais nous nous sommes dit que c’était le moment d’en profiter. Nous avons beaucoup travaillé, et nous avons répondu présent, en patinant à notre niveau.

Patiner dans le dernier groupe des deux programmes n’a rien d’anodin. Cela a été une vraie expérience. C’est aussi le fruit d’un travail construit dans le temps. On n’arrive pas à cette place par hasard. Cela fait un moment que nous enchaînons les compétitions et que nous construisons nos performances. Être dans le top 6 et patiner dans le dernier groupe, est déjà un bon indicateur : nous sommes dans la course. Maintenant, il faut continuer. Nous n’avons pas encore atteint notre objectif de carrière.

Nous savions ce que nous voulions faire : rendre honneur à Björk. Cette saison, nous avons réalisé de très bonnes performances, mais nous n’avions pas encore montré tout ce que représente vraiment ce programme. Ce programme est le résultat de quatre ans de travail. Nous voulions vraiment aller au bout, parce que Björk, c’est une voix, une icône. Nous l’avions très bien patiné aux championnats d’Europe et aux Jeux, mais il y a quelque chose de particulier dans sa voix. Avant Prague, nous avions parfois eu l’impression que ce n’était pas nous qui patinions Björk, mais Björk qui nous accompagnait. À l’entraînement, certains entraîneurs nous ont dit qu’ils étaient presque émus aux larmes tant c’était fort. C’est ce niveau d’émotion que nous voulons atteindre. Ce n’est pas facile, mais nous travaillons pour cela.”


 

Solène Mathieu - Skate Info Glace

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Commentaires: 1
  • #1

    Nounours (samedi, 04 avril 2026 20:57)

    Merci pour cet article !
    J'ai été tellement scotché aux J.O. par le couple Fournier-Cizeron, que j'ai mis du temps à m'intéresser aux autres couples, à leur évolution, à leur histoire, etc...
    Cet article est bienvenu :bravo, continuez.