François Pitot : "Cela ne peut que me motiver encore davantage"

© Alice Alvarez / François Pitot
© Alice Alvarez / François Pitot
 

François Pitot s’est classé 16e de ses premiers championnats d’Europe. Rencontre après ses programmes.

 

Quel est votre bilan du programme court ?

François : J’étais un petit peu plus stressé que lors des Grands Prix ou à Pékin, ce qui m’a un peu surpris parce que je ne suis pas quelqu’un qui se met beaucoup de pression. Là, j’ai quand même senti quelque chose, mais je l’ai pris de manière positive. Je suis content d’avoir pu réaliser mes sauts proprement, même si je suis un peu déçu par les niveaux. Je vais regarder la vidéo pour mieux comprendre, j’ai l’impression de perdre pas mal de points. Je m’attendais à un peu plus. Je préfère ne pas tenter le quadruple Salchow dans le programme court, afin de proposer un programme propre, laisser une bonne impression le premier jour, puis partir à fond sur le libre.

 

Comment avez-vous vécu votre programme libre ?

François : Cela a été très compliqué, plus que ce que je pensais. Il y a eu davantage d’erreurs, donc forcément un peu de déception. Sur le quadruple en début de programme, on ne sait jamais vraiment ce qui peut arriver, il faut se battre quoi qu’il en coûte. En revanche, sur les autres sauts, notamment les Axel, je ne m’attendais pas à être aussi limite. Après la chute au milieu du programme, sur un mouvement chorégraphique, j’ai réussi à respirer un peu et à pousser pour aller au bout, pour passer mes combinaisons. Sur le deuxième Axel, je le retourne et je tombe. Cela m’a rappelé Pékin : je pousse, je me sens bien en l’air, puis cela se désaxe, je me bats pour la réception et cela ne passe pas. Malgré tout, il y a du positif. Je me sentais beaucoup mieux que lors du programme court, la glace était plus agréable, plus dure que les premiers jours. Mentalement aussi, dans l’attaque, j’étais vraiment bien, et Romain me l’a dit. C’est de l’expérience à prendre, et cela ne peut que me motiver encore davantage pour le travail à venir.

 

Le panel a compté une chute sur la combinaison triple Lutz–triple boucle piqué. C’est un peu sévère…

François : Un peu, oui. Le panel a été très strict tout le week-end. Dans le programme court, sur la séquence de pas par exemple, très peu de patineurs ont obtenu des niveaux quatre. Il fallait vraiment être irréprochable. Sur cette combinaison, j’ai posé les deux mains sur la glace, donc la décision peut s’expliquer.

 

© Alice Alvarez / François Pitot
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Il s’agissait de vos premiers championnats d’Europe. Ce n’était pas forcément prévu, cela a dû être une bonne surprise.

François : J’étais vraiment très content d’être sélectionné. J’ai forcément été un peu déçu les années précédentes de ne pas l'être, donc pour une première, je suis très heureux de monter sur la glace à chaque fois. Il y a des têtes d’affiche solides, des patineurs qui ont déjà fait plusieurs fois la finale. Il y a aussi beaucoup de Français, et c’est un vrai plaisir d’être entouré de plein de potes.

 

L’objectif était aussi un éventuel top 10 pour que la France ait deux places aux prochains Championnats d’Europe. Est-ce que vous l’aviez en tête ?

François : Oui, j’en avais entendu parler. J’étais motivé pour aller chercher ce top 10 et, avec un bon programme, je pense que cela aurait pu passer.

 

Quel est le programme pour les prochaines semaines ?

François : Retour à Fribourg, et beaucoup de travail. Je ne pense pas faire d’autres compétitions en février. L’objectif est de retravailler les programmes à fond. Il y aura probablement des vidéos à envoyer à la fédération dans le cadre du chemin de sélection pour les Championnats du monde.

 

Envisagez-vous d’ajouter un autre quadruple à l’avenir ?

François : Cet été, je compte travailler le quadruple Lutz. C’est un objectif. Peut-être qu’on ne l’intégrera pas tout de suite en compétition, mais cela se fera progressivement. L’idée est déjà de le sortir à l’entraînement, de le sentir dans les jambes, de le réussir plusieurs fois. Tout est une question de timing sur les quadruples : la torsion du corps, le bon passage, le moment où l’on vient serrer. C’est vraiment là-dessus que je veux travailler. Sur le Salchow, je n’ai pas encore un timing parfait. A Sheffield, je suis parti un peu trop vite, sans prendre le temps de bien installer la carre et de la retourner, comme sur un Axel. À l’entraînement, notamment lors des six minutes, j’en ai fait un très bon, avec un bon décollage, et Romain m’a dit que j’avais bien pris le temps. C’est ce que j’essaie de reproduire. Cette semaine, cela a été difficile de trouver le timing, mais j’y travaille.

 

© Alice Alvarez / François Pitot
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Solène Mathieu - Skate Info Glace

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