Nika Egadze devient champion d'Europe

© Alice Alvarez / Nika Egadze
© Alice Alvarez / Nika Egadze
 

Un champion d’Europe incontestable, des trajectoires olympiques qui se dessinent ou s’effondrent, et une hiérarchie parfois malmenée par des programmes aussi ambitieux que fragiles.

 

Nika Egadze confirme sa première place du programme court et devient champion d’Europe. Il présente un contenu technique dense avec quatre quadruples (deux Salchow, un Lutz, un boucle piqué) et un triple Axel. Celui qui n’avait encore jamais goûté à un podium européen est sacré champion à Sheffield. Même sur une chorégraphie signée Benoît Richaud, l’ensemble reste assez peu séduisant sur le plan artistique. Mais il n’y a pas débat possible : avec cette maîtrise technique, le titre est pleinement mérité.

 

Nika : "Je suis tellement heureux ! C'était incroyable. Je me suis beaucoup entraîné ces dernières semaines pour ajouter un quadruple dans mon programme. Mes entraînements ne s'étaient pas bien passés, mais Eteri et Benoît m'ont soutenu. Benoît m'a beaucoup conseillé. Je suis fier pour la Géorgie, fier de nos succès avec Anastasiia et Luka. Luka est mon meilleur ami, mon frère. Je peux lui parler de tout. Cela m'aide beaucoup, nous nous soutenons."

 

Matteo Rizzo se hisse sur la deuxième marche du podium. Le quadruple boucle piqué est validé, les deux triples Axel passent. Seul un triple Salchow complètement ouvert en l’air vient légèrement ternir un programme autrement sans faute. La chorégraphie ne marquera pas l’histoire, mais après deux septièmes places décevantes en Grand Prix, l’Italien prend une éclatante revanche. Il décroche la médaille d’argent et, surtout, sa qualification pour les Jeux olympiques.

 

Matteo : "J'ai beaucoup travaillé également, pas forcément pour ajouter un quadruple comme Nika, mais pour améliorer la présentation de mon programme. Cette compétition était clé pour les JO. J'ai hâte d'y être ! J'ai grandi à Milan."

 

© Alice Alvarez / Matteo Rizzo
© Alice Alvarez / Matteo Rizzo

  

La médaille de bronze revient au Tchèque Georgii Reshtenko, grande surprise de ce podium. Peu l’avaient vu venir à ce niveau. Sur la bande originale de Kingsman, il réussit trois quadruples et s’invite parmi les meilleurs européens. Une performance inattendue mais solide, qui bouleverse les pronostics.

Georgii : "Je n'imaginais pas gagner une médaille ! J'ai une très bonne connexion avec mon entraîneur Michal Brezina. Je m'entraîne aussi avec Rafael Arutyunyan, je l'ai appelé tout à l'heure pour le remercier !"

 

© Alice Alvarez / Georgii Reshtenko
© Alice Alvarez / Georgii Reshtenko
 

Lucas Britschgi termine au pied du podium. Il ouvre son programme par un triple boucle piqué à la place du quadruple prévu, puis tente le quadruple boucle piqué un peu plus tard, avec une chute. Les deux triples Axel sont bien présents, mais il pose la main à la réception du second.

 

Aleksandr Selevko vit un programme libre décevant. Il remplace le quadruple Lutz, pourtant bien réussi à l’échauffement, par un triple. Le quadruple boucle piqué est chuté. Le triple Axel est réussi, mais le second triple Axel est chuté, entraînant une répétition du même élément. Le dernier saut du programme est un double boucle piqué, très surprenant à ce niveau. Il termine cinquième, juste devant son frère et valide ainsi son billet pour les Jeux olympiques.

 

Mihhail Selevko ne parvient pas à confirmer son excellent programme court. Il tente deux quadruples boucles piqués, dont un retourné, et réussit un triple Axel correct. Le second triple Axel est chuté, avec répétition de l’élément. Il manque également sa pirouette finale. Il termine sixième.

 

Deniss Vasiljevs réussit ses deux triples Axel, malgré une énorme frayeur sur le second, où il trébuche pendant sa (longue) préparation. Le contenu technique apparaît trop léger à ce niveau. Il ne propose aucun quadruple, et certains sauts se transforment en simple ou double, ce qui pèse face à la concurrence. Si le patineur reste indéniablement attachant, la ferveur du public interroge face à des propositions chorégraphiques trop vides. Il se classe neuvième.

 

Adam Hagara signe une très belle remontée. Quatorzième du programme court, il livre un programme libre sans faute avec un quadruple boucle piqué et deux triples Axel. Quatrième du libre, ce grand écart lui permet de terminer dixième au classement final.

 

Nikolaj Memola termine onzième. Sa saison a été marquée par des circonstances très compliquées, avec le vol de ses patins et de son costume dans sa voiture alors qu’il se rendait à l’hôpital pour faire examiner une blessure. Difficile de se préparer sereinement dans ces conditions en pleine année olympique. Son contenu technique est en retrait par rapport à ce qu’il pouvait proposer auparavant, avec notamment l’absence de quadruple. Les deux triples Axel sont bien réalisés et la séquence chorégraphique est très réussie, mais cela ne suffit pas. Il restera malheureusement à la maison pendant les Jeux.

 

Daniel Grassl, pourtant favori au titre en arrivant à Sheffield, sombre complètement. Cinquième après le programme court, il attaque le libre par une chute sur le quadruple Lutz, puis une autre sur le quadruple boucle. Le quadruple Salchow est réussi, mais le triple Axel est chuté. Le second triple Axel est atterri en avant, avec une très large sous-rotation. Le programme est laborieux, chaotique, et se conclut sur une treizième place.

 

© Alice Alvarez / François Pitot
© Alice Alvarez / François Pitot

 

Après la 27e place de Kevin Aymoz lors du programme court, François Pitot avait la lourde responsabilité d’assurer seul les quotas français pour les prochains championnats d’Europe. Un top 10 était nécessaire pour conserver deux places. L’objectif n’est malheureusement pas atteint avec une seizième place finale. Et pourtant, c’était largement dans ses cordes : son score du Grand Prix de France à Angers lui aurait valu la cinquième place à Sheffield.

 

Le panel comptabilise quatre chutes. Les deux premières interviennent sur le quadruple Salchow et sur un triple Axel. La troisième est enregistrée sur un élément chorégraphique, lorsque François est déséquilibré et pose la main sur la glace. La quatrième déduction, sévère, correspond aux mains posées sur la combinaison triple Lutz triple boucle piqué. Quatre chutes, soit six points de déduction. Il termine toutefois bien son programme avec un triple Lutz suivi de deux doubles Axel, engrangeant de précieux points.

 


 

Solène Mathieu - Skate Info Glace

Vous avez apprécié cet article ? N'hésitez pas à nous soutenir. Merci !

Écrire commentaire

Commentaires: 0