Fournier Beaudry et Cizeron sacrés champions d'Europe

© Alice Alvarez / Laurence Fournier-Beaudry et Guillaume Cizeron
© Alice Alvarez / Laurence Fournier-Beaudry et Guillaume Cizeron
 

Dans une ambiance absolument électrique, avec une patinoire entièrement acquise aux Britanniques, le public a donné le ton. Une atmosphère digne d’un stade de football, au point de lancer une ola pour Phebe Bekker et James Hernandez, classés onzièmes. Alors, pour Lilah Fear et Lewis Gibson, véritables stars locales, imaginez l’intensité.

 

Et pourtant, Laurence Fournier-Beaudry et Guillaume Cizeron ont tenu bon. Tandis que Lilah Fear et Lewis Gibson ont trébuché.

 

Lors de la danse rythmique, Laurence Fournier-Beaudry et Guillaume Cizeron avaient présenté un contenu technique quasi sans faute, mais de nouveau sanctionné par un point d’exclamation sur la choreo step, lié à un problème de distance entre les partenaires. En danse libre, en revanche, il n’y a pas eu de débat : les Français ont livré une prestation impeccable et relèguent leurs adversaires à dix points. Ils repartent avec une médaille d'or européenne, remise par le grand Christopher Dean.

 
© Alice Alvarez / Laurence Fournier-Beaudry et Guillaume Cizeron
© Alice Alvarez / Laurence Fournier-Beaudry et Guillaume Cizeron

 

Réactions de Laurence et Guillaume 

 

Au sujet de la danse rythmique : "Nous avons fait beaucoup de modifications, dont un tout nouveau porté, et cela a plutôt bien fonctionné. C’est un très bon score, surtout en tenant compte du point d’exclamation sur la choreo step. Nous restons très confiants. Nous savons ce que nous avons à travailler et c’est encourageant pour la suite. C’est aussi notre responsabilité, sur les prochaines semaines, de faire en sorte que ce genre de détails ne se reproduise pas. Nous avons hâte de comprendre précisément les raisons de ce point d’exclamation. Ce sont toujours des mini-détails, souvent invisibles pour le public, mais très techniques, qu’il faut peaufiner. Il nous reste encore deux semaines d’entraînement avant les Jeux olympiques. Cela peut être quelque chose d’aussi infime que rester en contact 5,30 secondes au lieu de 5 secondes pile, ou être à l’arrêt 5,20 secondes au lieu de 5."

 

Laurence : "Les championnats d'Europe m'avaient manqué. Je les avais fait avec mon ancien partenaire, quand nous patinions pour le Danemark, la dernière fois était en 2018. Dans ces nouvelles aventures, il y a beaucoup de plaisir, beaucoup d’amitié et une immense gratitude d’avoir la chance de patiner sur des championnats comme ceux-ci."

 

Au sujet des Jeux Olympiques : "Nous participerons à l'épreuve par équipe, ce sera notre première fois à tous les deux. La gestion de l’énergie sera primordiale, d’autant plus que l’épreuve par équipes est très proche de l’épreuve individuelle."

 

Concernant Madison et Evan : "Nous sommes amis depuis très longtemps. Nous ne pouvions pas rêver avoir de meilleurs partenaires d'entraînements et de meilleurs concurrents. Bien sûr, nous sommes en compétition les uns contre les autres, mais il y a énormément de respect et d’affection. Nous les soutenons et cela nous fera de très beaux souvenirs à nous remémorer plus tard ensemble, quand nous serons vieux ! Ils ont des qualités incroyables. Ils nous ont soutenus depuis le début, quand nous avons annoncé notre retour. Ce sont de grands athlètes, avec une résilience impressionnante, une grande qualité artistique, et des portés remarquables."

 

© Alice Alvarez / Lilah Fear et Lewis Gibson
© Alice Alvarez / Lilah Fear et Lewis Gibson
 

Quand la majorité des couples ont construit leurs programmes avec l’objectif de briller aux Jeux olympiques de Milan, Lilah Fear et Lewis Gibson ont clairement fait le choix de miser sur ces championnats d’Europe de Sheffield. Deux programmes 100% british : les Spice Girls en danse rythmique, avec une robe aux couleurs du drapeau britannique, et un programme écossais en danse libre. Soutenus par un public totalement acquis à leur cause, ils n’ont toutefois pas pleinement répondu aux attentes. Lilah Fear, habituellement rayonnante par sa générosité, capable de compenser certaines lacunes techniques, est apparue très en dedans en danse rythmique. La magie s’est quelque peu dissipée. En danse libre, une erreur dès le début du programme sur les twizzles est venue ternir l’enthousiasme général. Eux qui visaient l’or doivent se contenter du bronze.

 

Lilah et Lewis confient : "Nous sommes tellement fiers d'être Britanniques aujourd'hui ! Même en coulisse, avec la musique dans nos écouteurs, nous entendions le public applaudir et crier ! C’est une opportunité incroyable d’avoir les championnats d’Europe à la maison. Aux derniers championnats d’Europe, je (Lilah) ramassais les fleurs, je me souviens en avoir donné à Jenna McCorkell ! Quand l'erreur est arrivée dans la danse libre, nous nous sommes dit "oh ce n'est pas idéal, et cela va être coûteux" mais nous avons de l'expérience en compétition et nous savons comment gérer ces situations."

 
© Alice Alvarez / Charlène Guignard et Marco Fabbri
© Alice Alvarez / Charlène Guignard et Marco Fabbri

 

Charlène Guignard et Marco Fabbri, triples champions d’Europe en titre, traversaient un début de saison compliqué et ne s’étaient pas qualifiés pour la finale du Grand Prix de manière assez surprenante. Troisièmes après la danse rythmique, ils créent la surprise en décrochant la médaille d’argent grâce à une danse libre dans laquelle ils retrouvent la fluidité qui leur avait manqué l’an dernier avec leur programme sur le thème des robots. Un véritable soulagement à l’annonce des notes, pour le couple qui était déjà présent lors des derniers championnats d’Europe organisés à Sheffield… en 2012. Ces mêmes championnats où Lilah ramassait les fleurs !

 

Charlène et Marco : "Le début de saison n'était pas génial pour nous, nous étions déçus par nos scores. Nous savions que nous étions pas à notre top car nous avions commencé la saison plus tardivement que d'habitude, mais certains scores nous ont fait mal. Nous sommes très fiers de nous à ce championnat d'Europe !"

Marco ajoute : "J'ai perdu un crochet de ma bottine pendant les six minutes d'échauffement. Heureusement nous ne patinions pas premiers du groupe. Cela nous a laissé du temps pour réparer le patin tant bien que mal, et nous reconcentrer."

 

Interrogé sur les débats autour des jugements en début de saison, Guillaume reprend la parole et explique : « C’était une bonne opportunité pour voir comment nous améliorer. Nous avons maintenant une communication plus directe entre les athlètes et l’ISU. Nous voyons que nous sommes davantage écoutés et que nous participons à l’avenir de la danse. »

Marco, de son côté, lâche plus sèchement : « Je pense qu’il y a différentes façons de faire passer des messages aux patineurs sans les tuer. »

 

© Alice Alvarez / Evgeniia Lopareva et Geoffrey Brissaud
© Alice Alvarez / Evgeniia Lopareva et Geoffrey Brissaud

 

Evgeniia Lopareva et Geoffrey Brissaud signent deux programmes solides. Vice-champions d’Europe l’an dernier, leur quatrième place peut sembler décevante, mais le contexte rendait l’accès au podium objectivement difficile, entre des Français excellents, des Britanniques à domicile et des Italiens triples champions d’Europe en titre. Ils ont dû faire preuve de sang-froid, car rien n’a commencé comme prévu en danse libre : un élément resté sur la glace les oblige à interrompre leur programme après quelques secondes. Ils parviennent à se reconcentrer et livrent finalement une très belle performance.

 

Evgeniia et Geoffrey déclarent : « Nous sommes très fiers de ce que nous avons fait. Nous sommes arrivés avec énormément de stress et nous voulions montrer ce que nous savons faire, ce sur quoi nous avons travaillé. Bien sûr, nous voulons une médaille comme tout le monde. C’est ce pour quoi tous les athlètes travaillent. Quand nous allons sur la glace, nous visons l’or, mais notre objectif est surtout de montrer ce sur quoi nous avons travaillé. Il faut se servir de la médaille d’argent gagnée l’année dernière. Elle n’est pas arrivée par hasard, ce n’est pas un coup de chance. Les juges nous connaissent, nous savons ce que nous sommes capables de faire. Marie-France, notre coach, n’arrête pas de nous le répéter : “Entraînez-vous comme des champions du monde, et un jour vous le serez.” Dans les deux derniers groupes, tout le monde s’entraîne comme s’il allait devenir champion du monde. »

 

© Alice Alvarez / Loïcia Demougeot et Théo Le Mercier
© Alice Alvarez / Loïcia Demougeot et Théo Le Mercier

 

Allison Reed et Saulius Ambrulevicius commettent plusieurs erreurs en danse libre, ce qui les fait reculer de la 4e place de la danse rythmique à la cinquième place finale, juste devant Diana Davis et Gleb Smolkin, sixièmes.

 

Olivia Smart et Tim Dieck se classent dixièmes de la danse rythmique. Comme Laurence Fournier-Beaudry et Guillaume Cizeron, ils écopent d’un point d’exclamation sur la choreo step, qui leur coûte de précieux points. En danse libre, sur le thème de Dune, ils remontent au classement, comme à leur habitude avec ce programme hypnotique, pour terminer à la 7e place.

 

Juulia Turkkila et Matthias Versluis faisaient leur retour après plusieurs mois d’absence pour blessure. Ils présentent la même danse libre que l’an dernier, mais une erreur sur les twizzles leur coûte cher. Septièmes en danse rythmique, ils reculent d’une place et concluent la compétition à la 8e position.

 

Loïcia Demougeot et Théo Le Mercier parviennent à bien se positionner dans ce championnat d’Europe particulièrement dense. Leur programme libre sur le thème d’Arcane leur permet de terminer à une solide 9e place.

 


 

Solène Mathieu - Skate Info Glace

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