
Messieurs
Sans quadruple dans le programme libre, Kevin Aymoz mise sur la propreté technique et sur deux triples Axel pour aller chercher le titre. A noter une tentative de quadruple Salchow, incomplet, dans le programme court.
Une compétition à oublier pour Adam Siao Him Fa, qui prend la deuxième place. Dans le programme court, il choisit un contenu technique différent des compétitions précédentes, en tentant un quadruple Salchow à la place du Lutz. Le Salchow et le triple Axel sont retournés mais la combinaison quadruple boucle piqué triple boucle piqué est réussie. Deux pirouettes posent problème : l’une, manquée en cours de programme, est sanctionnée niveau deux avec des GOE négatifs, tandis que celle placée en fin de programme est invalidée en raison d’une position assise insuffisamment basse. L’élément n’avait pas été sanctionné lors des compétitions précédentes, même si les juges avaient déjà signalé à Adam que sa position était limite. Un rappel utile à ce stade de la saison, à quelques semaines des Jeux olympiques. Dans le programme libre, Adam réalise un quadruple Lutz correct, deux quadruples boucles piqués retournés, un double Salchow au lieu du quadruple, et des réceptions difficiles sur le deuxième triple Axel.
Dans le programme libre, Luc Economides tente deux triples Axel, un retourné et un chuté. Sa chorégraphie sur Clair de Lune reste moins habitée que son programme court sur Selah de Kanye West. Cinquième du libre, il monte à la troisième place du podium à la faveur de son bon programme court.
François Pitot connaît une entame compliquée dans le programme libre avec une grosse chute sur le quadruple Salchow, pourtant bien maîtrisé à l’échauffement. Il n'inclut qu'un triple Axel, bien réussi. Il perd le bénéfice de son troisième double Axel, deux seulement étant autorisés. Troisième du libre, il se classe quatrième au général.

Danse
Sans surprise, Laurence Fournier Beaudry et Guillaume Cizeron dominent la compétition. Ils remportent la danse rythmique avec 94,31 points et la danse libre avec 139,39 points, scores stratosphériques. Ils sont suivis par Evgeniia Lopareva et Geoffrey Brissaud, puis Loïcia Demougeot et Théo Le Mercier, qui complètent le podium.
Laurence et Guillaume : "Nous pensions que l’altitude se ferait davantage sentir. Nous l'avons surtout sentie lors des entraînements. C'est un long marathon de compétitions. Nous savons que nous ne sommes pas aussi frais qu’en début de saison, donc nous adaptons notre gestion. C’est une approche différente, mais intéressante pour nous, parce qu’elle nous oblige à patiner nos programmes avec un état d’esprit différent. Nos programmes ont été fluides, le court comme le long, et nous nous sommes sentis calmes, stables et ancrés dans la glace. Nous sommes heureux de monter sur la première marche du podium. C'est une compétition qui nous tient à cœur, parce qu’elle nous permet de promouvoir la joie du patinage en France et aussi de nous confronter à la relève. Elle compte dans les compétitions qualificatives pour les Jeux olympiques, donc nous avions envie de bien performer pour repartir la tête claire et satisfaits de cette première partie de saison. Ce n’est que notre cinquième compétition ensemble, donc tout entraînement est bon à prendre. Nous allons continuer à recevoir des retours de la part des juges, pour poursuivre le travail."
Concernant le porté trop long sanctionné à la finale du Grand Prix : "Il y a eu un malentendu avec le juge-arbitre. Le porté n’était pas trop long. En fait, nous faisons un petit saut assisté avant, puis le porté commence. Après coup, nous en avons discuté avec lui. Nous avons donc commencé à réfléchir à des options pour éviter que cela ne se reproduise pas. Ce sera le même juge-arbitre aux JO, donc maintenant qu’il est au courant, il y a peu de chances que cela arrive à nouveau. Et nous ferons aussi notre part pour nous assurer que cela ne se reproduise pas."
Envisagent-ils de changer la robe de la danse libre, qui s'était prise dans le patin de Laurence à la finale, causant sa chute ? "Non non non ! Tout va bien ! C'est bien que ce soit arrivé tôt dans la saison. Cela nous rappelle que tant que le programme n'est pas fini, il n'est pas fini !"
Chez les juniors, Ambre Perrier-Gianesini et Samuel Blanc Klaperman confirment leur haut niveau après leur deuxième place en finale du Grand Prix, et s’imposent logiquement. En deuxième position, également sans surprise, Dania Mouaden et Théo Bigot, quatrièmes à Nagoya. En revanche, la lutte était plus ouverte pour la troisième place : ce sont Lou Koch et Lucas Chataingoux qui montent sur le podium.

Dames
Pour la deuxième année consécutive, Stefania Gladki (15 ans) remporte le titre national. Deux programmes sans faute, une deuxième place dans le court puis une victoire lors du libre grâce à la qualité d’exécution.
Lorine Schild termine deuxième avec deux programmes propres. Ne pas reconquérir le titre pourrait être une déception après son forfait de l’an dernier pour blessure, mais l’essentiel était peut-être ailleurs : sur les quatre confrontations directes avec Léa Serna cet automne, Lorine en remporte trois (Masters, Championnats de France, Grand Prix d’Angers), Léa ne la devançant qu'au Challenger de Zagreb. Dans la perspective des sélections olympiques, ce ratio était sans doute tout aussi important que le titre national.
Léa Serna se classe quatrième du programme court, en raison d'une chute sur le triple Lutz, avant de remonter sur le podium, en bronze, devant Ève Dubecq et Clémence Mayindu.

Couples
Le titre national reste entre les mains de Camille et Pavel Kovalev, pour la cinquième année consécutive. De retour après blessure, ils livrent deux programmes encourageants.
Camille et Pavel : "Nous sommes frustrés, parce que nous avions réalisé des programmes propres juste avant de venir, avec plus de légèreté. Ici, tout passait un peu en mode bagarre. Nous étions un peu à l’arrache, avec des erreurs bêtes sur les pirouettes par exemple. Nous ne savions pas si nous allions venir, nous attendions le feu vert des médecins. J’ai (Camille) été arrêtée dix jours à la suite de ma blessure au NHK Trophy. C’était une subluxation de l'épaule. Le kinésithérapeute m’a aidée à remettre en place, mais j’ai légèrement arraché la membrane qui stabilise l’articulation. Techniquement, c’est revenu assez vite, mais il fallait aussi être capable de tenir physiquement le programme. Briançon est en altitude, et nous ne pouvions pas prendre le risque d’une rechute. Après mon arrêt, je pouvais sauter seule, mais pas faire les sauts lancés ou le twist, parce que je ne pouvais pas passer le bras derrière. Nous faisions des sauts et un peu de portés, c’est tout. Cela ne fait que deux semaines que nous refaisons les sauts lancés et le twist. Quant aux spirales, c'est encore douloureux, donc nous n'en faisons qu'une seule par jour."
Aurélie Faula et Théo Belle s’assurent la deuxième place avec une compétition solide.
Denys Strekalin et Megan Wessenberg confirment de nets progrès depuis Angers. Troisièmes après le programme court, ils reculent après le libre et terminent quatrièmes, derrière Louise Ehrhard et Matthis Pellegris, médaillés de bronze.
Megan et Denys : "Nous nous sommes sentis plutôt bien. Nous voulions vraiment rester ensemble et connectés, et nous y sommes plutôt bien parvenus. Nous sommes aussi très enthousiastes par rapport à ce que nous avons accompli en si peu de temps. C’est seulement notre cinquième compétition, et cela ne fait même pas un an que nous patinons ensemble. À chaque fois que nous arrivons sur la glace, c’est une occasion de progresser ensemble. Il y a donc beaucoup de choses positives. Cela repose surtout sur du travail, beaucoup de travail, et aussi quelques larmes ! Rien n’est simple. Il y a toujours des obstacles, mais nous essayons de venir à la patinoire chaque jour et de faire le maximum possible, en nous adaptant. Quand cela se passe bien, et quand c’est plus difficile, nous continuons simplement à avancer."

Solène Mathieu - Skate Info Glace
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