Ce soir à Tokyo se jouait l'ultime bataille pour intégrer l'équipe nationale qui se rendra aux Jeux Olympiques de Milan. Dans un Yoyogi National Gymnasium plein à craquer, avec un énorme enjeu sur les épaules des 6 derniers patineurs, la catégorie masculine s’est achevée dans une atmosphère électrique.

Sota Yamamoto, premier à s’élancer sur la glace après les 6 minutes d’échauffement réalise un programme plutôt satisfaisant au regard de son début de saison marqué par une importante blessure. Les quadruples boucle piqués ne sont pas en réussite, mais triple axels et quadruple salchow sont bonifiés. L’élégance et les carres de Sota sont mises en valeur par ce “Hallelujah” qui lui permet de se hisser dans le top 5. Il devrait avoir une chance de poursuivre sa saison aux Quatre Continents.
Shun Sato enchaîne encore un libre fantastique, en réussite sur ses quadruples et triple axels. On le sent dès les premières notes de l’Oiseau de feu patiner avec cette confiance que personne ne semble pouvoir lui ôter cette saison. Une technique absolument impeccable et une prestance qui ne cesse de se bonifier, il patine sur un nuage si bien que le dernier triple lutz retourné semble anecdotique. Il se place logiquement 2ème, en route vers les JO et même parmi les favoris pour la breloque.
Kazuki Tomono se retrouve lui, paralysé par l’enjeu du jour. Alors qu’il figurait dans les candidats du chemin de sélection de la fédération avant le championnat, au coude à coude avec Kao Miura, il est l’auteur d’un programme libre catastrophique. Sauts chutés ou accrochés, il rate complètement le coche malgré un programme mettant parfaitement en valeur ses qualités artistiques.

Rio Nakata lui ne jouait pas tout à fait la même compétition que ses compatriotes mais restait déterminé à bien figurer parmi les “grands”. Il produit dans son libre d’excellents éléments comme le quadruple salchow et une combinaison de boucle piqués quadruple-triple, mais précipite complètement d’autres préparations qui se soldent par quelques ratés, sans chute toutefois. L’apprentissage du métier… Mais il marque déjà les esprits par sa présence sur glace rappelant au même âge un certain Yuma Kagiyama.
Kao Miura rentre sur glace avec un objectif : oublier la chute désastreuse qui l’a envoyé dans la barrière lors des 6min, sonné, et patiner un libre qui lui permette de rester sur le podium national. La patinoire retient son souffle sur l’élément d’entrée fatidique, et Kao produit un des plus beaux quadruples boucles qu’on ait vu. Il enchaine 3 autres quadruples, avant de commettre plusieurs erreurs en 2nde partie de programme. Mais les points s’additionnent et c’est une 2ème place qui s’affiche, derrière Sato, synonyme de podium.
Yuma Kagiyama conclut une compétition haute en couleurs en nous gratifiant de son merveilleux quadruple salchow et de superbes éléments comme sa combinaison signature triple flip-triple boucle. Des erreurs de milieu de programme (quadruple chuté et triple axel transformé en simple) viennent casser la magie de son “Turandot”, mais quoiqu’il arrive Yuma propose toujours dans ses programmes une leçon de patinage au sens le plus pur du terme.

La sélection de l’équipe nationale sera annoncée lors d’une conférence de presse ce lundi 22 décembre, même si le suspense n’est désormais plus d’actualité. Les représentants masculins devraient logiquement être les 3 médaillés. Kagiyama, Sato et Miura, de comparses d’enfance, à concurrents juniors, à l’élite nationale senior devraient voir ensemble la glace milanaise.
Alice Alvarez - Skate Info Glace
Vous avez apprécié cet article ? N'hésitez pas à nous soutenir. Merci !

Écrire commentaire